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30/12/2009

Publication : Des Monts de Lacaune au massif du Djurdjura

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Louis Guiraud raconte avec beaucoup de détails et de précision son parcours de près de deux ans en Algérie (mars 56 à décembre 57). Il a connu la peur, l’insécurité permanente dans une région particulièrement hostile à notre présence : la Grande Kabylie à une période très difficile. L’armée française ne s’était pas encore tactiquement adaptée à cette forme de guerre faite d’embuscades parfois meurtrières contre un ennemi insaisissable qui se fondait dans la population civile.

De 54 à 57, les effectifs étaient insuffisants et nos contacts avec la population civile difficiles. D’autre part, les barrages électrifiés aux frontières n’étaient pas en place. Ceci dit, on a du mal à imaginer quand on parle de l’Algérie, pays du soleil, le froid, la neige, la pluie, la boue qu’ont eu à subir nos camarades sur un terrain montagneux, en hiver, en Grande Kabylie.

Sans vraiment participer aux grands accrochages où le commandement envoyait d’abord les troupes de métiers (légionnaires, paras) les gars du contingent étaient surtout employés aux opérations de bouclage qui généraient d’interminables attentes sur le terrain, toujours à la merci d’attaques imprévues des adversaires qui cherchaient à s’échapper de la nasse qu’on leur avait tendue. II faut aussi ajouter les dangers plus pernicieux des mines placées sur les pistes.

Je trouve que Louis Guiraud rend bien cette atmosphère de la vie de tous les jours des appelés en Algérie dans ce milieu hostile avec en plus les inévitables brimades que l’on rencontre parfois de la part des gradés. Son témoignage m’a paru sincère, doublé d’un sens aigu de l’observation.

La fin de son récit reflète bien l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvions pour abréger notre séjour là-bas. Dans le fond, de l’Algérie française, on s’en foutait, notre aspiration principale, c’était la quille et surtout de rentrer entier au pays.

 

Jean-Louis Fabre.

Publication en vente au CRPR au prix de 10 euros (frais de port en sus).

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